Writings about music

 

  La musique ou le passage des interprétations (Pierre Henry Frangne)

  Boris de Schloezer, Introduction à Jean Sebastien Bach (Pierre Henry Frangne)

  L'Espagne rêvée d'Aloysius Bertrand et de Maurice Ravel (Teófilo Sanz)

  La sonate pour piano n°29, op. 106 Hammerklavier de Beethoven (Pierre Froment)

  Les Davidsbündlertänze, op. 6 de Schumann (Pierre Froment)

  Im Abendrot (Michel Wagner)

  Joseph Haydn Les Symphonies n°44 en mi mineur Funèbre, n°53 en ré majeur L'impériale, n°67 en fa majeur et n°85 en si bémol majeur La Reine (Jean Dupart)

  Joseph Haydn Trios pour piano violon et violoncelle (Jean Dupart)

  Echoes of the Battlefields (EN) (Olivier Feignier)

  L'Echo des Batailles (FR) (Olivier Feignier)

  L'ivresse musicale dans La Nouvelle Héloïse de Jean Jacques Rousseau (Teófilo Sanz)

  Jean Cras and his Chamber Music (EN) (Alexis Galpérine)

  Jean Cras et la musique de chambre (FR) (Alexis Galpérine)

  La poésie de l'eau et de la mer, entre la mélodie française et une poétique de l'instrumentation (Teófilo Sanz)

  Daniel Steibelt in 2015, the year of the 250th anniversary of his birth (EN) (Olivier Feignier)

  Daniel Steibelt en 2015, l'année du 250e anniversaire de sa naissance (FR) (Olivier Feignier)

  L'art et la douleur (Jérôme Porée)

  In Memoriam (Pierre Froment)


09. Joseph Haydn Trios pour piano violon et violoncelle - Jean Dupart.htm Joseph Haydn – Trios pour piano, violon et violoncelle

Joseph Haydn - Trios pour piano, violon et violoncelle

Forgotten Records fr 433/4

 

Grâce à HC. Robbins Landon qui en a publié les partitions chez Doblinger, on sait que Haydn a écrit quarante-cinq Trios pour clavier, violon et violoncelle, que deux d’entre eux (les numéros 8 et 9) ont disparu et que les quarante-trois autres ont été composés durant deux périodes de sa vie : 1755-1760 pour les quatorze premiers, 1784-1796 pour les vingt-neuf derniers. C’est à la première période qu’appartient l’un des Trios enregistrés par Paul Badura-Skoda (piano), Jean Fournier (violon), Antonio Janigro (violoncelle). C’est au cours de la seconde période qu’ont été conçus les neuf autres inscrits au programme des deux cd’s forgotten records. Dans le catalogue thématique et bibliographique des œuvres instrumentales de Haydn publié, en 1957, par Anthony Van Hoboken ces ouvrages sont répertoriés Hob.XV. 4, 5, 17, 10, 12, 16, 1, 25 et 28. L’un d’eux (Hob.XV. 4) n’est pas de Haydn mais de Pleyel.

 

Trio en fa majeur Hob.XV. 4

En octobre 1784 Joseph Haydn envoie trois Trios avec clavier à l’éditeur londonien William Forster. Deux d’entre eux (Hob.XV. 3 et 4) - qui lui seront longtemps attribués – sont dûs au talent incontestable de son élève et ami Ignaz Pleyel. Evidemment non répertorié par Robbins Landon, le Trio Hob.XV. 4 débute par un Allegro con brio au thème initial typiquement haydnien, passe par un Andante très chantant et enchaîne ce dernier à un Rondo Allegro résolument optimiste.

 

Trio en sol majeur Hob.XV. 5 (Landon n° 18)

Des trois Trios envoyés à Forster, c’est celui que Haydn a vraiment composé. Il propose successivement un Adagio non tanto dans lequel le violon dialogue avec le piano, un Allegro à 4/4 et un second Allegro à 3/4 qu’on pourrait presque assimiler à un vigoureux Tempo di Menuetto.

 

Trio en fa majeur Hob.XV. 17 (Landon n° 30)

Avec les Hob.XV. 15 en sol majeur et Hob.XV. 16 en ré majeur,  il fait partie des seuls Trios de Haydn (écrits en 1789-1790) dans lesquels le violon peut être remplacé par le flûte. Son Allegro initial est raffiné, élégant et sobre. Son finale Tempo di Menuetto invite, incontestablement, à la danse.

 

Trio en mi bémol majeur Hob.XV. 10 (Landon n° 23)

Dans ce trio en deux mouvements contemporain des premières symphonies « Parisiennes » (1785), Haydn passe d’un Allegro moderato péremptoire à un remarquable Presto assai élaboré à partir d’un simple trait descendant de croches.

 

Trio en mi mineur Hob.XV. 12 (Landon n° 25)

Ecrit en 1788-1789, ce Trio adopte le mode mineur dans son Allegro moderato initial et passe au mode majeur dans ses deux derniers mouvements : un Andante inauguré par le piano sur pizzicati des instruments à cordes et un Rondo enjoué, un rien désinvolte qui, dans son premier couplet, retrouve la tonalité initiale de mi mineur.

 

Trio en la bémol majeur Hob.XV. 14 (Landon n° 27)

Seul Trio de Haydn écrit dans la tonalité de la bémol majeur, ce chef-d’œuvre publié par l’éditeur viennois Artaria en octobre 1790 comprend trois mouvements : un Allegro moderato d’une grande noblesse de ton, un splendide Adagio en mi majeur dont la partie centrale, dominée par les traits en triples croches du clavier, a des allures d’épisode improvisé et, enchaîné sans interruption, un Rondo vivace qui retrouve la tonalité du premier mouvement.

 

Trio en ré majeur Hob.XV. 16 (Landon n° 28)

Destiné à la flûte tout autant qu’au violon, ce Trio confie au piano le soin d’énoncer le joyeux motif initial de son Allegro. L’Andante piu tosto Allegretto en ré mineur a des allures de marche lente. Il s’enchaîne à un Vivace assai qui, lui, adopte la structure du rondo.

 

Trio en sol mineur Hob.XV. 1 (Landon n° 5)

Le plus connu des quatorze Trios des années 1755-1760 qui ont été préservés. Son Moderato molto liminaire évolue dans un climat affectif parfois sévère, voire austère. Egalement en sol mineur, le Menuetto cède momentanément la place à un trio en si bémol majeur dont le thème est énoncé par le violon. Malgré le retour au mode mineur, le Presto conclusif s’affirme joyeux et très décidé.

 

Trio en sol majeur Hob.XV. 25 (Landon n° 39)

Contemporain des dernières symphonies « Londoniennes » (1794-1795), cet ouvrage est certainement le plus connu des Trios avec clavier de Joseph Haydn. Sa notoriété repose essentiellement sur l’utilisation, dans le troisième et dernier mouvement, de rythmes folkloriques « à la hongroise » (Rondo all’ongarese) qui, esthétiquement, rappellent le finale du Concerto pour piano et orchestre en ré majeur Hob.XVIII. 11. Mais il y a aussi, non moins inspirés et non moins convaincants, un magnifique Andante (premier mouvement) dans lequel interviennent forme variation et forme rondo, ainsi qu’un Poco adagio en si majeur qui, dans son épisode en la majeur, fait merveilleusement chanter le violon.

 

Trio en mi majeur Hob.XV. 28 (Landon n° 44)

Seul Trio avec clavier écrit dans la tonalité de mi majeur, cet ouvrage de 1796 est, selon Charles Rosen, « par certains côtés l’œuvre la plus étrange du dernier Haydn » (cf. Marc Vignal, « Joseph Haydn » - Fayard, 1988). A l’Allegro moderato au thème initial ample et noble, succèdent un Allegretto volontairement « archaïque » qui, au piano tout spécialement, apparaît presque comme un « retour à Bach » et un Finale Allegro nettement plus souriant et plus détendu.

 

 

Jean DUPART, musicologue

 

Liste des textes